Les femmes à l'assaut du numérique





Pour la cinquième année consécutive, la FEPS et la Fondation Jean-Jaurès ont organisé les 3 et 4 mars derniers à Boston (MA), en collaboration avec Boston University (BU), un séminaire transatlantique qui a réuni des universitaires, des chercheuses et des responsables politiques américaines et européennes. Il s’agit, à chaque fois, de faire le point sur l’évolution de la situation des femmes des deux côtés de l’Atlantique dans tous les domaines de la vie sociale et de poursuivre le développement d’une stratégie pour faire émerger une culture d’égalité dans les deux sociétés.

Ces séminaires s’inscrivent dans la réflexion sur la question de l’égalité entre les femmes et les hommes et sa mise en œuvre concrète que conduisent ensemble les deux fondations progressistes depuis la création de la FEPS en 2008. Ils s’ajoutent aux séminaires annuels organisés par la Fondation Jean-Jaurès à Paris autour du 8 mars depuis une quinzaine d’années sous la responsabilité de Ghislaine Toutain.

La crise économique et financière qui a touché les Etats-Unis et l’Europe en 2008 a mis plus encore en lumière - s’il en était besoin - la force des résistances des sociétés européenne et américaine à la concrétisation de l’égalité et de la parité entre les femmes et les hommes. Les partis politiques progressistes qui, historiquement, en Europe comme aux Etats-Unis, ont le plus fait avancer «la cause des femmes» en édictant lois, directives, réglementations et programmes d’action pour mettre en œuvre l’égalité entre les sexes, portent moins aujourd’hui cette valeur aux yeux des citoyens et surtout des citoyennes en raison de la persistance des inégalités, notamment dans l’emploi, même quand ces partis sont au pouvoir. De leur côté, en Europe et aux Etats-Unis, les partis conservateurs poursuivent, voire accentuent, leur approche rétrograde des rapports entre les femmes et les hommes et quand ils le peuvent, reviennent, comme en Espagne, sur des acquis, particulièrement dans le domaine des droits reproductifs.

Ces inégalités qui perdurent entre les femmes et les hommes s’inscrivent désormais dans le contexte relativement nouveau de l’économie numérique et du développement des sciences et technologies de l’information et de la communication (STIC). La «révolution» qu’ont constitué l’arrivée de l’ordinateur puis Internet et les réseaux sociaux (Facebook, Twitter etc.) a induit de nouveaux métiers et de nouvelles formes de communication qui remettent en cause les vieux schémas traditionnels mais elle fait aussi émerger de nouvelles pratiques économiques et sociétales. Les questions méritent d’être posées de l’incidence de cette "révolution"d’une part sur la place et le rôle des femmes dans le secteur en pleine expansion des STIC, sur l’utilisation par les femmes de ces nouvelles technologies pour poursuivrele combat pour l’égalité et la parité entre les femmes et les hommes et aussi sur la façon dont les partis progressistes peuvent mobiliser les femmes autour de leurs valeurs, par l’intermédiaire de ces outils numériques, ce qui n’est pas encore totalement entré dans les habitudes de ces formations, notamment en France.