"Fear not, we will get there!"




Jacques Delors delivered a speech on 15 June 2013 as “major witness” during the Forum of European Progressists organised in Paris by the Parti socialiste, the Fondation Jean Jaurès and the Foundation for European Progressive Studies. The address focused on three key elements: imparting a fresh boost to Europe, developing an enhanced cooperation for the EMU and not forgetting Greater Europe.

Watch the first debate (FR) entitled "Réorienter l'Europe pour la croissance et l'emploi"

Watch the second debate (FR) entitled "Construire l'Europe de demain - un nouveau modèle démocratique, social et écologique"

Watch the speeches (FR) by Jacques Delors, Harlem Désir, Martin Schulz, Massimo D'Alema and the statement by the French Prime Minister Jean-Marc Ayrault

Below, some notes (FR) from the first debate

Le samedi 15 juin 2013 se tenait à la Mutualité le Forum des progressistes européens à l'initiative du Parti socialiste, en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès et la Fondation européenne d'études progressistes. Revivez l'intégralité de ces débats.

Après une brève introduction de Jean-Louis Bianco qui a réaffirmé l'engagement des socialistes pour l'avenir de l'Europe, et rappelé que cette mobilisation «n'a de sens que si elle est partagée par l'ensemble de la famille des progressistes européens», Gilles Finchelstein a amorcé ce premier échange par des remarques sur les résultats des sondages réalisés par la Fondation Jean Jaurès et la Fondation européenne d’études progressistes durant les dernières semaines.

Sur l'impact de la crise et le sentiment de l'évolution de la situation personnelle des européens, 60% ont le sentiment qu'elle se détériore et 75% considèrent qu'elle va se détériorer. Seuls 22% des sondés ont le sentiment que les choses vont dans la bonne direction en Europe.

Sur le rapport des européens à l'Union Européenne, l'attachement profond est incontestable: 60% sont en désaccord avec l'idée qu'on pourrait s'en sortir en sortant de l'Europe. Cependant, le sentiment qu'elle est insuffisamment protectrice a progressé. Enfin les européens n'ont pas le sentiment de vivre une crise, mais "bien un changement de monde." Mais le sentiment d'une dégradation du modèle social est bien palpable : 50% des sondés craignent de ne pas vieillir dans des conditions dignes.

Hannes Swoboda, président du groupe S&D au Parlement européen, a débuté son propos en déclarant que les progressistes ont le devoir de réorienter l'Europe et de restaurer la confiance des européens. Et d'ajouter que le soutien à la croissance était indispensable pour stimuler l'emploi, condition préalable au redressement de la fiscalité des Etats. Le président du groupe S&D a enfin affirmé que l'action des gouvernements était fortement attendue sur l'union bancaire et la stratégie fiscale contra-cyclique.

Catherine Trautmann, députée européenne a rappelé les attentes des européens : que la justice sociale soit assurée et qu'un avenir pour la jeunesse soit garanti. Déplorant le fait que la Commission européenne ne joue pas son rôle en terme d'initiative législative, et que l'Europe souffre d'une absence de planification et de coordination des politiques économiques, l'eurodéputée a avancé que la relance de l'Union européenne devait passer par les territoires. A titre d'exemple, elle a évoqué l'économie sociale et solidaire qui constitue un vivier d'emploi pour les territoires, insuffisamment stimulé et encouragé par la commission européenne; un secteur qui représente 10% du PIB , et emploie 2 millions de salariés; «la solidarité paye lorsqu'elle est ancrée localement.»

Guglielmo Epifani, secrétaire national du Partito Democratico italien, a insisté sur la nécessité de réorienter l'Europe avec la mise en place d'une Union bancaire, et une coordination renforcée des politiques fiscales. Il a déploré l'absence de liquidité des entreprises et pour les particuliers. Et d'insister sur la nécessité de garder à l'esprit que la démocratie est le pouvoir de donner un mandat pour résoudre les problèmes et que si elle échoue, elle est mise en danger.

António José Seguro, secrétaire général du Parti socialiste portugais, a rappelé qu'à l'échelle de l'Europe, on compte 26 millions de chômeurs européens dont 5 millions de jeunes. Prônant une vision globale et une mutualisation de la dette et des rétributions des indemnités chômage, il a déclaré : "Si chacun se limite à un regard sur soit même, c'est une dénégation pure et simple de l'Europe." Il a par ailleurs rappelé que seule la création d'emploi permettrait de lutter efficacement contre la pauvreté et l'exclusion et évoqué l'idée selon laquelle au lieu de sanctionner ceux qui pâtissent d'un déficit ou une dette supérieur à tel taux, pourquoi ne pas sanctionner les pays qui ont un chômage supérieur à 11%, car c'est le chômage qui touchent les européens dans leur réalité. Il a enfin appelé la BCE à jouer effectivement son rôle de soutien à l'économie des pays membres, une économie réelle pour stimuler la croissance et soutenir la création d'emploi.

Evangelos Venizelos, président du Pasok grec est revenu pour sa part, sur l'origine de la crise en Grèce : une crise budgétaire, une dette publique non viable et une crise de compétitivité. Après 3 ans d'austérité et de programme d'ajustement selon les critères de la troïka et des droites européennes, le résultat c'est un déficit structurel de 0,2%, une amélioration de la viabilité de la dette publique… mais une crise profonde sociale, de légitimité démocratique, l'avènement sur l'échiquier politique d'un parti néonazi, et un chômage qui dépasse 27%, 60% chez les jeunes. Il a insisté sur la nécessité de changer les rapports de force inter-étatiques: «actuellement c'est un dumping interne qui court à la perte de la démocratie en Europe»

Alfredo Perez Rubalcaba, Secrétaire général du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol), juge que l'on parle à nouveau de la croissance en Europe depuis la victoire de François Hollande. Le problème majeur, c'est la lenteur de l'Europe ; et c'est pourquoi, Alfredo Pérez Rubalcaba suggère ce qu'il appelle une «idée révolutionnaire» au conseil… appliquer enfin la proposition de François Hollande adoptée il y a un an par ce même conseil, c'est-à-dire le pacte de croissance et d'emploi pour l'Europe.

Emma Reynolds, députée britannique, travailliste est venue rappeler que l'austérité a aggravé la crise et s'est réjouie de la première année de l'élection de François Hollande, en France mais surtout en Europe : un changement idéologique et politique s'est amorcé dans l'intérêt des européens. La députée a voulu rassurer sur la position des britanniques progressistes: profondément européens, attachés à la justice sociale afin que chacun vive dans des conditions dignes au lieu d'étouffer les européens avec des politiques d'austérité qui n'ont d'autres conséquences que de créer plus de souffrance et d'inégalités.